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Un courrier extra-ordinaire de Frère Jean-Pierre

Après chacune de mes rencontres avec les lecteurs en librairie, j'ai l'habitude de rédiger un compte-rendu détaillé que j'envoie par mail à Frère Jean-Pierre et à ses frères du monastère de Midelt (Père Jean-Pierre Flachaire, le prieur, et Frère José-Luis, l'hôtelier). Ainsi, mardi soir, j'étais à La Procure, rue Henri-IV à Lyon. Une quarantaine de personnes avait fait le déplacement pour ce qui fut une belle soirée - comme le jour suivant à la faculté catholique, où le père David Gréa avait eu la riche idée d'organiser un débat autour du film Des hommes et des dieux avec, notamment, des étudiants.

J'aime bien tous ces petits riens, tout ces petits liens qui se tissent autour d'un livre. A La Procure, j'ai eu la joie de revoir Bernard Comte, mon professeur d'histoire à l'institut d'études politiques, pour la première fois depuis douze ans! Ou d'écouter un laïc du Prado évoquer le souvenir de Frère Michel, martyr de Tibhirine, qu'il avait connu à Lyon... Ou encore de faire la connaissance de lecteurs passés par Midelt, cet été, dont cette Villeurbannaise qui m'a dit, à propos du livre : "Les mots de frère Jean-Pierre ouvrent la douceur dans le coeur et font tomber les barrières". Elle a vu juste. Car ce qui m'a le plus marqué, au cours de cette rencontre, c'est certainement ce qu'est venu me raconter ce monsieur d'un âge respectable, assis au premier rang et qui a fait la guerre d'Algérie : "Vous avez dit tout à l'heure que toutes sortes de catholiques réagissaient favorablement au contenu de ce livre, et que même certains chrétiens très crispés vis-à-vis de l'islam et des gens du Maghreb, revoyaient leur position après avoir lu ce que je disais Frère Jean-Pierre. J'ai lu votre livre. Je faisais partie de ces gens crispés. J'avais beaucoup de mal avec tout cela. Il faut voir ce qu'on a vécu avec le FLN. Mais tout ce qu'il y a dans ce livre, ça m'interroge. Je me pose beaucoup de questions. Je sens qu'il y a des barrières qui sont en train de tomber. Merci". Cette anecdote, qui n'est pas rien qu'une anecdote, je l'ai racontée par écrit, donc, à Frère Jean-Pierre. Il m'a répondu par mail, hier au nom de sa communauté :

"Merci, Nicolas, pour le courrier de ce jour. Il a été lu au cours de notre rencontre communautaire. Les frères ont applaudi, ce qui est chose rare au cours d'un chapitre monastique. C'est vraiment beau. (...) Nous ne nous attendions pas à pareille chose au temps des heures passées ensemble pour parler de Tibhirine. Je ressens cela comme un don de Dieu tout à fait gratuit de sa part. Devant ce don, nous ne pouvons qu'être étonnés, et humblement adorer tout en restant disponibles pour coopérer (...)"

Des moines qui applaudissent : il faut mesurer l'extra-ordinaire de la situation. Ce livre est en train de devenir, à son tour, un outil pour le dialogue. Une personne l'a acheté à La Procure Lyon en me disant qu'elle l'offrirait à un voisin dont elle ne partage pas toujours la vision des choses sur ces sujets. Des religieuses isolées dans un quartier à dominante musulmane, en France, ou dans l'ascèse au fin fond de l'Algérie, l'ont aussi reçu tout récemment en cadeau de la part de très généreuses personnes. "Cela m'a fait du bien a écrit" l'une d'elles. C'est un soutien. Un espoir. Je ne regrette pas d'avoir mené à bien ce rude chantier.

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